Quand Montréal et Québec deviennent l’Europe du cinéma

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Hollywood North est souvent perçu comme une extension des États-Unis, un terrain de jeu où Toronto devient New York et Vancouver, San Francisco. Pourtant, ce n’est pas le seul rôle que le Canada sait jouer. Grâce à son héritage francophone et son architecture européenne, le Québec offre un autre type d’illusion cinématographique: celle de l’Europe à portée de caméra.

Un décor naturel pour voyager sans traverser l’Atlantique

On continue notre exploration de certains décors emblématiques du Canada en s’arrêtant cette fois-ci dans la province du Québec. Les rues pavées du Vieux-Montréal aux fortifications de la ville de Québec, la province possède des lieux où l’on pourrait croire, le temps d’un plan, être à Paris, en Allemagne ou en Irlande. Un atout majeur pour les productions qui veulent éviter le coût d’un tournage en Europe tout en offrant un décor crédible.

Et certains réalisateurs l’ont bien compris. Une légère modification de la signalisation, quelques accessoires, et une place historique devient un boulevard parisien des années 70 ou un village français d’après-guerre.

De Spielberg à Zemeckis: le Québec comme décor européen

L’un des premiers à exploiter cette ressemblance est Steven Spielberg, qui a tourné les scènes françaises de Catch Me If You Can (2002) dans le Vieux-Québec. Les ruelles du Petit-Champlain et les environs du Château Frontenac ont servi de décor à une reconstitution de Montrichard, une petite ville de la vallée de la Loire.

Quelques années plus tard, Robert Zemeckis s’est à son tour approprié le décor québécois avec The Walk (2015), qui retrace l’exploit de Philippe Petit, l’homme qui a marché sur un fil entre les tours du World Trade Center en 1974. Pour recréer le Paris des années 70, c’est le Marché Bonsecours et d’autres rues du Vieux-Montréal qui ont été utilisés.

Avec Race (2016), Stephen Hopkins a choisi Montréal pour représenter un tout autre décor: le Berlin de 1936. Le Stade Olympique a ainsi été utilisé pour recréer l’atmosphère des Jeux olympiques sous le régime nazi, une résonance intéressante quand on sait que ce même stade a accueilli les JO de 1976.

Mais Hollywood n’est pas le seul à exploiter ce potentiel. Brooklyn (2015), film irlandais-britannique de John Crowley, a tourné certaines scènes censées se dérouler en Irlande… à Montréal. De même, The Hummingbird Project (2018), film canadien de Kim Nguyen, a utilisé la métropole pour recréer une ambiance belge.

Un caméléon cinématographique au service des réalisateurs

Avec ses bâtiments historiques, son atmosphère européenne et sa diversité architecturale, le Québec s’est imposé comme un décor malléable, capable de devenir tour à tour la France, l’Allemagne ou l’Irlande. Un atout qui lui permet de jouer un rôle clé dans l’industrie du cinéma, bien au-delà du simple « Hollywood North ».

Le cinéma repose sur l’illusion, et ici, il n’a même pas besoin de passeport.