Welcome to Derry : le clown est de retour (et c’est toujours tourné en Ontario)
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La bande-annonce vient de tomber : Welcome to Derry, préquelle des films Ça, s’annonce comme un retour en force dans l’univers de Stephen King. La série, prévue pour 2025 sur HBO Max (eh oui, Max redevient officiellement HBO Max), promet de revenir aux racines du mal qui ronge la ville de Derry. Une plongée dans les années 60, bien avant l’arrivée du Club des Ratés.
Si la série a pour ambition de combler les trous laissés par les choix d’adaptation des films précédents, en piochant dans les récits annexes que King a glissés autour de la ville de Derry, cette bande-annonce donne pourtant l’impression d’un remake déguisé.
Petit clin d’œil canadien : comme pour les films de 2017 et 2019, le tournage a eu lieu en Ontario, notamment à Toronto et Port Hope, qui rempile dans le rôle de Derry. Ça commence à devenir une habitude : entre Welcome to Derry, The Monkey et d’autres projets récents, l’univers de King s’enracine de plus en plus dans nos décors. Et au fond, pas si surprenant : l’esthétique du Maine, avec ses petites villes paisibles et ses forêts brumeuses, colle parfaitement à ce qu’on retrouve ici.
Les films de Muschietti : une promesse, puis une chute
Difficile de ne pas revenir sur les deux films qui ont relancé la machine. Le premier, en 2017, avait créé l’événement. Andy Muschietti, avec son bagage fantastique (Mama), avait réussi à poser une ambiance forte, entre nostalgie eighties et horreur pop. C’était imparfait – trop de créatures en CGI, des choix d’adaptation discutables – mais ça se laissait suivre, presque comme un film d’aventure horrifique, jamais vraiment terrifiant, mais porté par une vraie dynamique de groupe.
Le deuxième volet, en 2019, a payé le prix fort. Trop long, trop dispersé, trop lourd. Les effets visuels prenaient le pas sur l’émotion, l’alternance passé/présent s’essoufflait, et le film se perdait dans un grand tout informe. La magie du premier n’a pas tenu, et le soufflé est retombé.
Quant à la mini-série de 1990, elle garde une place à part. Un produit de son époque, clairement marqué par la télévision et ses contraintes : effets vieillissants, intrigue simplifiée à l’extrême, pas de réelle violence. Et pourtant, le projet de Tommy Lee Wallace (proche collaborateur de John Carpenter et réalisateur de Halloween III: Season of the Witch) avait du cran, un montage malin, et surtout un casting qui a marqué une génération, avec un Tim Curry inoubliable en Pennywise.
Welcome to Derry a donc du boulot. Est-ce qu’on a besoin d’un préquel ? Pas sûr. L’idée d’une série qui pioche dans les éléments coupés du livre sent bon l’exploitation marketing. Nul doute que ces morceaux orphelins ont bien peu d’intérêt une fois extraits du récit principal. Mais est-ce qu’on va quand même aller voir ce que ça donne ? Probablement. Parce que Derry reste un endroit où on aime se perdre. Et surtout, parce qu’on sait que Pennywise, lui, n’est jamais très loin.



